Un banc chauffant est d’ordinaire un rectangle. Celui-ci est une vague : une assise maçonnée en briques réfractaires qui décrit une double courbe, prolongée d’un dossier ondulant de la même matière, et qui s’enroule au pied du corps de chauffe.
Le corps de chauffe, à droite, superpose deux portes de fonte : le foyer en partie basse, la chambre de cuisson au-dessus. Le reste de l’appareil, c’est-à-dire l’essentiel de sa surface, est ce banc — et c’est là que passe la chaleur.

Une courbe en maçonnerie réfractaire ne se négocie pas : chaque brique du rayon doit être taillée en trapèze, à un angle qui change selon sa position, et posée à joint mince. C’est l’exercice le plus long d’un chantier de poêle de masse — et le seul qui ne peut pas être préfabriqué.

Sur cette vue de chantier, les briques sont numérotées au crayon et posées à blanc : on vérifie la courbe et les joints avant de sceller quoi que ce soit. Sous elles court le circuit de fumées, dont on aperçoit les trappes de ramonage en fonte sur le flanc du banc.
Chantier 2018.



