Un poêle de masse se conduit, il ne se règle pas. Une flambée vive et complète, une à deux fois par jour, avec du bois sec et fendu : la matière fait le reste pendant huit à vingt-quatre heures. La plupart des problèmes de tirage ou de vitre encrassée viennent du bois ou du rythme, pas de l’appareil.
Vérifié le 31/08/2026
Ce manuel est la partie générale, commune à tous les poêles Thermasse. Votre appareil a la sienne : la fiche poêle, remise à la réception avec les notices des composants et le procès-verbal. C’est elle qui donne la charge de bois, le nombre de recharges, le programme de séchage et les équipements présents. Quand le manuel dit « voir la fiche poêle », c’est d’elle qu’il s’agit.
Les trois règles
- Pas de feu continu. Une à deux flambées vives par jour, jamais un feu ralenti entretenu en permanence.
- On n’ouvre pas la porte et on ne ferme pas l’air pendant que ça flambe. L’air ne se referme qu’à la toute fin.
- Du bois sec, naturel, calibré. C’est la première cause de tous les problèmes de tirage, de vitre et de conduit.
Avant d’allumer
Cendres réglées selon votre foyer : grille dégagée et tiroir vidé avant les deux tiers si le foyer a une grille ; lit de cendres de un à deux centimètres conservé s’il n’en a pas. Prise d’air libre, clapet de conduit ouvert, registre d’air grand ouvert. Hotte, VMC en grande vitesse et sèche-linge arrêtés : ils mettent la maison en dépression et font refouler la fumée.
Le test de tirage, au premier feu de la saison, après plus de trois mois d’arrêt ou par temps de redoux : entrouvrez la porte et tenez une allumette dans l’entrebâillement, en haut. La flamme doit être aspirée vers l’intérieur. Si elle reste droite ou sort vers vous, n’allumez pas : arrêtez les extracteurs, entrouvrez une fenêtre, puis préchauffez le conduit — par le court-circuit si votre poêle en a un, sinon en brûlant une torche de papier froissé par la trappe de visite la plus proche du conduit. Refaites le test.
Allumer par le haut
L’allumage par le dessous produit à lui seul l’essentiel des particules fines d’un chauffage au bois. Sur un poêle de masse, on allume par le haut : les bûches les plus grosses au fond, en couches croisées, espacées d’un doigt ; deux petites bûches au sommet, trois ou quatre morceaux en travers, un ou deux allume-feu du commerce. Pas plus que la charge de la fiche poêle, jamais au-dessus des arrivées d’air secondaires. On allume, on ferme la porte aussitôt, et on ne la rouvre plus jusqu’aux braises.
Pesez votre bois les premières fois, jusqu’à reconnaître la charge à l’œil. Certains foyers finlandais en pierre ollaire prescrivent au contraire l’allumage par le bas : si la notice du fabricant le dit, c’est elle qui s’applique.
Fermer : le geste critique
Une flambée dure une heure à une heure et demie. Quand les bûches sont effondrées en braises et qu’il n’y a plus de flamme jaune, regardez au ras des braises, dans la pénombre : de courtes flammes bleues y courent encore. Ce sont du monoxyde de carbone en train de brûler. Tant qu’on en voit, on ne ferme rien. Quand il n’en reste plus une seule, nulle part : fermez l’arrivée d’air, puis, une minute plus tard, le clapet de conduit. Dans le doute, attendez un quart d’heure de plus.
Fermer trop tôt encrasse la vitre et peut envoyer du monoxyde de carbone dans la maison. Fermer trop tard laisse partir la chaleur accumulée par le conduit — l’équivalent d’un radiateur allumé dehors. Si votre poêle n’a pas de clapet de conduit, c’est la porte étanche qui fait office de coupure : même critère.
Le rythme des saisons
| Saison | Rythme | Charge |
|---|---|---|
| Grand froid | deux flambées par jour, matin et soir | pleine charge |
| Hiver courant | une flambée par jour | pleine charge |
| Mi-saison | une flambée par jour | demi-charge |
| Intersaison douce | une flambée tous les deux jours | demi-charge |
Jamais moins de huit heures entre deux flambées : enchaîner ne chauffe pas plus vite, cela sursollicite la maçonnerie. Si la maison est encore froide vingt-quatre heures après une flambée, ce n’est presque jamais un manque de bois : vérifiez d’abord que l’air et le clapet ont bien été refermés.
Le poêle ne se pilote pas au thermostat. On anticipe : la flambée du soir tient la nuit et la matinée.
Le bois
Du bois bûche naturel, non traité, sec : c’est tout. Quinze à vingt pour cent d’humidité, jamais plus — au-delà, le feu dépense son énergie à évaporer l’eau. Un humidimètre vous a été remis à la réception : fendez une bûche, enfoncez les pointes au cœur du bois, testez trois bûches du lot, et recommencez à chaque livraison.
Feuillus durs pour l’hiver — chêne, charme, hêtre, érable, frêne. Les résineux sont acceptés parce qu’un poêle de masse brûle vif ; ils seraient dangereux en régime ralenti. Sections de la grosseur du poignet à celle de la paume selon l’essence, longueur de la fiche poêle, jamais dépassée : une bûche trop longue s’appuie sur les parois et les dégrade.
Séchage : dix-huit à vingt-quatre mois après fendage, deux ans par sécurité, sur palettes, jamais à même le sol, dessus couvert et côtés ouverts. Fendez avant de sécher : une bûche ronde ne sèche pratiquement pas.
Interdits, sans exception : bois humide, traité, peint, verni ou lasuré, palettes, agglomérés, papier glacé, cartons, déchets, charbon, et tout liquide d’allumage. Ce poêle n’est pas un incinérateur.
Mise en service : séchage et rodage
Un poêle neuf contient plusieurs dizaines de litres d’eau, apportés par les mortiers et les enduits. Quatorze jours au minimum sans aucun feu, porte, trappes et clapet ouverts, pièce ventilée — la date de la première flambée autorisée est sur la fiche poêle. L’essai de fumisterie fait par l’installateur pendant le montage n’est pas une flambée et ne raccourcit rien.
Vient ensuite le rodage : une dizaine de flambées de charge croissante, du petit bois seul jusqu’à la charge nominale, espacées d’au moins huit heures, le plus souvent d’une journée. Comptez deux à quatre semaines. Des odeurs de séchage, de fines fissures dans l’enduit et de petites efflorescences blanches sont normales ; une fissure large, ou de la fumée dans la pièce, ne l’est pas : arrêtez et appelez. Une mise en chauffe précipitée ou une surcharge pendant cette période provoquent des désordres exclus de la garantie.
Entretien et obligations
Les cendres attendent vingt-quatre heures avant d’être sorties, dans un récipient métallique à couvercle, jamais dans un sac ni une poubelle. La vitre se nettoie à froid, au chiffon humide et à la cendre fine ; une vitre fêlée se remplace avant toute nouvelle flambée. Le joint de porte est une pièce d’usure : une feuille de papier coincée dans la porte fermée doit résister quand on la tire.
Le ramonage. La loi impose un ramonage mécanique par an, par un professionnel qualifié, avec attestation à conserver — et l’entretien annuel de l’appareil. Thermasse en demande deux, dont un pendant la période de chauffe : c’est ce que l’arrêté recommande dès qu’un appareil consomme plus de six mètres cubes de bois par an, et un poêle de masse en chauffage principal dépasse ce seuil. Les canaux internes se nettoient une fois par an, en fin de saison, par les trappes de ramonage indiquées sur la fiche poêle. Les bûches et poudres « de ramonage » ne remplacent rien.
Ce qu’on doit trouver dans un poêle bien conduit : une suie sèche et poudreuse, rien d’autre. Un dépôt collant et brillant — le bistre — signale des feux ralentis ou du bois humide, et c’est le premier facteur de feu de cheminée. Corrigez la conduite, faites ramoner sans délai.
Ce qu’il ne faut jamais faire
- Jamais de charge préparée la veille : des braises peuvent subsister sous les cendres.
- Jamais fermer l’air pendant que ça flambe.
- Jamais de feu continu ou au ralenti.
- Jamais ouvrir la porte en cours de flambée, avant les braises.
- Jamais de bois humide, traité, peint ou verni, ni de liquide d’allumage.
En cas d’urgence
Un grondement dans le conduit, des flammes en toiture, une fumée noire et épaisse : c’est un feu de cheminée. Appelez le 18 ou le 112, fermez toutes les arrivées d’air, laissez la porte fermée, éloignez tout ce qui brûle, et ne jetez jamais d’eau. Si le détecteur de monoxyde de carbone sonne : ouvrez, sortez, appelez. Dans les deux cas, contrôle par un professionnel avant toute remise en service.
Un détecteur de monoxyde de carbone conforme à la norme NF EN 50291 est indispensable avec un poêle de masse — un dans la pièce du poêle, un dans la chambre. Et souvenez-vous que l’appareil reste brûlant douze à vingt-quatre heures après le feu, alors que le foyer est vide : les enfants n’ont aucune raison de s’en méfier.
Les documents de votre poêle
Quatre documents forment le dossier de votre appareil, et chacun ne prend son sens qu’avec les autres : ce manuel, la fiche poêle, les notices des fabricants des composants, et le procès-verbal de réception signé le jour de la mise en service — après que vous avez vous-même exécuté le test de tirage, la charge et la séquence de fermeture. Si vous les avez égarés, écrivez-nous : nous les retrouvons dans le dossier de votre chantier.