Le bâtiment est une construction de pierre ancienne, aux murs montés en moellons et à la charpente faite de rondins écorcés posés sur poteaux. Rien n’y est d’équerre.

Le poêle y introduit la seule surface plane et le seul angle droit : un volume enduit crème, sans ornement, percé d’un foyer horizontal à large vitrage. Le contraste est le sujet — la masse ne cherche pas à imiter la pierre, elle s’y oppose franchement.
Réalisé en 2015.

Le contexte explique le programme. Le bâtiment est isolé, en montagne, sur un versant encore enneigé au printemps : pas de réseau de gaz, une saison de chauffe qui déborde largement l’hiver, et un approvisionnement en bois qui se fait sur place. Un poêle de masse y prend tout son sens — une flambée par jour, et la maçonnerie restitue pendant que personne n’est là pour recharger.

À l’étage, la masse traverse le plancher. Ce n’est pas un accident de construction : la partie haute du poêle continue de rayonner dans la pièce du dessus, et une grille de diffusion y débouche. Un seul appareil chauffe ainsi deux niveaux, ce qui évite d’avoir à monter un conduit et un second foyer.

Réalisé en juin 2015.
Saint-Sorlin-d’Arves, en Maurienne, à plus de 1 500 mètres d’altitude.


